Copyright CAPF

Rencontre parents/professeurs

mercredi 25 (à partir de 10h),
jeudi 26 et vendredi 27 août 2010
(à partir de 14h)

Rentrée des classes le 30 Août

RENTREE 2010/2011

Cliquez pour agrandir

2010/2011 : c'est reparti pour l'art traditionnel au CAPF !

Après leurs petits camarades du département d'art classique, les élèves du département d'art traditionnel du conservatoire (CAPF, Te Fare Upa Rau) ont repris le chemin des centres de Tipaerui, de Pirae et de Moorea, ce mercredi 1er septembre 2010, à l'occasion d'une première journée très animée et haute en couleur. Qu'il s'agisse des élèves de Mama Iopa en chant traditionnel, des jeunes percussionnistes de Hans Faatauiraa ou bien des élèves de Ori Tahiti de Mamie Louise Kimitete et de ses assistantes, tout le monde était bien au rendez-vous de ces premiers cours, où l'émotion des premiers pas laisse vite place à la rigueur de la discipline. L'année dernière, le CAPF avait accueilli 1657 élèves en dans les disciplines classiques, traditionnelles et d'art plastique.

Galerie photos

Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir

 
Interview de Mamie Louise Kimetete

« La danse c’est un peu comme ma prière… »

Mamie Louise Kimetete, légende vivante de la danse traditionnelle, le ‘Ori, travaille depuis près de trente ans au Conservatoire avec la même énergie, la même volonté à chercher au plus profond de ses danseuses, à les façonner… pour en obtenir le meilleur. Entre ses mains, sous sa baguette pourrait-on dire, les danseuses apprennent le dépassement de soi, le goût de l’effort et (re)découvrent la richesse de l’identité polynésienne. Des valeurs essentielles véhiculées par l’apprentissage. Aussi sévère que gentille, aussi perfectionniste que simple, voici un personnage tout en paradoxes !

Ia Ora Na, Mamie Louise… comment as-tu découvert la danse ?
« C’est une bien longue histoire, l’histoire de ma vie. J’ai réellement commencé la danse à 16 ans, dans le premier groupe de ‘Ori Tahiti : Ar’i oi, qui était dirigé par mémé Demonluc. Il s’agit du premier groupe de danse dans lequel les jeunes filles de bonne famille avaient le droit de danser ! »

Tes parents t’avaient autorisé à faire partie du groupe ?
« Certainement pas ! Je « chapais » le salut pour aller danser ! Ma famille était très croyante. Je crois que j’ai d’abord dansé par goût de l’interdit. J’étais plutôt garçon manqué… et assez rebelle. Et je le suis restée ! »

Tu as donc toujours dansé en cachette ?
« Non plus. Lorsque nous avons habité en ville, près du stade Bambridge, j’ai eu le droit de rejoindre le groupe de Madeleine Moua, Heiva. Nous répétions près de la maison et mon père, Joseph Kimitete, la connaissait bien, il a donc fini par céder. »

Quel est ton premier souvenir de danse ?
« C’était à Marutea, dans les Tuamotu, où nous avons habité avec ma famille. Mon père était dans la police. Nous avons quitté les Marquises, Nuku Hiva, pendant la guerre (NR Mamie Louise avait neuf mois). Et dès lors, nous avons habité dans de nombreuses îles. A Marutea, il y avait tellement peu d’habitants ! Des enfants de pêcheurs et leur famille, voilà tout. Avec les autres enfants, notre distraction principale était la danse, avec un vieux monsieur fan de guitare qui nous entraînait ! »

On connaît tous ta passion pour la danse. Mais tu en as une autre très forte : la mer…
« En effet. J’aime la mer et le bateau par-dessus tout. Je suis partie à Hawaii très jeune
en cargo, comme ça, sur un coup de tête. J’ai habité 11 ans à Big Island, je me suis même mariée là-bas. Mon époux a souhaité venir s’installer à Tahiti alors nous sommes revenus ici. »
« Je vais chercher dans l’imagination des enfants les chorégraphies »

Raconte-nous ton expérience Hawaiienne ?
« Formidable, évidemment. J’ai rencontré là-bas une grande dame du Hula, Iolani Luahine. Au départ, je n’avais pas franchement d’affinité avec cette danse. C’est pourtant grâce à cette grande kumuhula que j’ai appris à connaître et à apprécier de Hula… qui m’a mis sur le chemin du ‘Ori ! »

C’est-à-dire ?
« J’ai découvert que les Hawaiiens avaient su conserver les bases de leurs pas de danse, le Kahiko, qui est la forme la plus ancienne du Hula. Cela m’a intrigué et j’ai souhaité approfondir avec le Ori. »

Tu as fait des recherches ?
« Non, c’est la danse qui m’a recherché ! Lorsque je suis revenue habiter à Tahiti avec mon mari, j’ai retrouvé le ‘Ori et mes amis de la danse. Les groupes professionnels s’étaient réunis, ils voulaient créer une école mais avaient du mal à s’accorder sur les principes des pas de danse. Nous avons donc travaillé à structurer les bases du ‘Ori Tahiti. C’est d’ailleurs ainsi que la danse traditionnelle a eu sa place au Conservatoire Artistique de Polynésie française, en 1981. »

Ce qui te plait le plus aujourd’hui dans la danse ?
« Travailler avec les enfants. Ils m’ont appris tellement. Leur imagination n’a aucune limite. Je vais chercher dans leur imagination et leur impertinence les chorégraphies de nos spectacles. La danse m’a permis de connaître les gens. Selon l’expression corporelle, on arrive à savoir d’une personne si elle est timide, possessive, joyeuse, etc. La danse est comme un muet qui te dit tout. »

Mamie, vas-tu bientôt prendre ta retraite ?
« Oh non ! Les enfants ont besoin de moi et j’ai trop besoin d’eux. Je ne peux pas partir. La danse est comme une « excuse » qui me permet de faire passer des messages plus forts auprès de cette jeunesse un peu désorientée. La danse est un peu comme ma prière, je crois en elle et en ceux qui la pratiquent. »