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Une Bonne Année 2012

Journée des Arts Traditionnels 2011 - 2012

Cliquez pour agrandirPortes ouvertes du CAPF le mercredi 14 décembre à 14h30

Les jardins du Musée accueillent les futures étoiles de la danse traditionnelle

Le conservatoire artistique de la Polynésie française donne rendez-vous à la population ce mercredi 14 décembre, à 14h30, dans les grands jardins du musées de Tahiti et ses îles à l'occasion de sa journée "Portes ouvertes 2011" qui, cette année encore, célèbre la période d'abondance.2011-12-12
Entièrement consacré à la promotion des arts traditionnels, ce grand rendez-vous du calendrier culturel, que les amoureux de 'ori tahiti ne manqueraient pour rien au monde, concerne entre 500 et 600 élèves de Te Fare Upa Rau, âgés de 5 ... à plus de 60 ans. Animé par Rafio dans les deux langues,  le spectacle, ouvert au public, présentera une série de chorégraphies consacrées au thème du geste, et soutenues par des textes originaux écrits par les élèves de haut niveau de la classe de Mamie Louise Kimitete. Ces élèves démontreront, à cette occasion, leur savoir-faire dans l'encadrement des plus jeunes. A noter également la grande qualité des musiques et des rythmes spécialement créés par l'orchestre traditionnel pour l'occasion, ainsi que les orero et les pehe de la classe de percussion.

voici les extraits de la journée du 14 décembre 2011

Quelques extraits de la Journée des arts traditionnels de décembre 2010.

Galerie photos

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Interview de Mamie Louise Kimetete

« La danse c’est un peu comme ma prière… »

Mamie Louise Kimetete, légende vivante de la danse traditionnelle, le ‘Ori, travaille depuis près de trente ans au Conservatoire avec la même énergie, la même volonté à chercher au plus profond de ses danseuses, à les façonner… pour en obtenir le meilleur. Entre ses mains, sous sa baguette pourrait-on dire, les danseuses apprennent le dépassement de soi, le goût de l’effort et (re)découvrent la richesse de l’identité polynésienne. Des valeurs essentielles véhiculées par l’apprentissage. Aussi sévère que gentille, aussi perfectionniste que simple, voici un personnage tout en paradoxes !

Ia Ora Na, Mamie Louise… comment as-tu découvert la danse ?
« C’est une bien longue histoire, l’histoire de ma vie. J’ai réellement commencé la danse à 16 ans, dans le premier groupe de ‘Ori Tahiti : Ar’i oi, qui était dirigé par mémé Demonluc. Il s’agit du premier groupe de danse dans lequel les jeunes filles de bonne famille avaient le droit de danser ! »

Tes parents t’avaient autorisé à faire partie du groupe ?
« Certainement pas ! Je « chapais » le salut pour aller danser ! Ma famille était très croyante. Je crois que j’ai d’abord dansé par goût de l’interdit. J’étais plutôt garçon manqué… et assez rebelle. Et je le suis restée ! »

Tu as donc toujours dansé en cachette ?
« Non plus. Lorsque nous avons habité en ville, près du stade Bambridge, j’ai eu le droit de rejoindre le groupe de Madeleine Moua, Heiva. Nous répétions près de la maison et mon père, Joseph Kimitete, la connaissait bien, il a donc fini par céder. »

Quel est ton premier souvenir de danse ?
« C’était à Marutea, dans les Tuamotu, où nous avons habité avec ma famille. Mon père était dans la police. Nous avons quitté les Marquises, Nuku Hiva, pendant la guerre (NR Mamie Louise avait neuf mois). Et dès lors, nous avons habité dans de nombreuses îles. A Marutea, il y avait tellement peu d’habitants ! Des enfants de pêcheurs et leur famille, voilà tout. Avec les autres enfants, notre distraction principale était la danse, avec un vieux monsieur fan de guitare qui nous entraînait ! »

On connaît tous ta passion pour la danse. Mais tu en as une autre très forte : la mer…
« En effet. J’aime la mer et le bateau par-dessus tout. Je suis partie à Hawaii très jeune
en cargo, comme ça, sur un coup de tête. J’ai habité 11 ans à Big Island, je me suis même mariée là-bas. Mon époux a souhaité venir s’installer à Tahiti alors nous sommes revenus ici. »
« Je vais chercher dans l’imagination des enfants les chorégraphies »

Raconte-nous ton expérience Hawaiienne ?
« Formidable, évidemment. J’ai rencontré là-bas une grande dame du Hula, Iolani Luahine. Au départ, je n’avais pas franchement d’affinité avec cette danse. C’est pourtant grâce à cette grande kumuhula que j’ai appris à connaître et à apprécier de Hula… qui m’a mis sur le chemin du ‘Ori ! »

C’est-à-dire ?
« J’ai découvert que les Hawaiiens avaient su conserver les bases de leurs pas de danse, le Kahiko, qui est la forme la plus ancienne du Hula. Cela m’a intrigué et j’ai souhaité approfondir avec le Ori. »

Tu as fait des recherches ?
« Non, c’est la danse qui m’a recherché ! Lorsque je suis revenue habiter à Tahiti avec mon mari, j’ai retrouvé le ‘Ori et mes amis de la danse. Les groupes professionnels s’étaient réunis, ils voulaient créer une école mais avaient du mal à s’accorder sur les principes des pas de danse. Nous avons donc travaillé à structurer les bases du ‘Ori Tahiti. C’est d’ailleurs ainsi que la danse traditionnelle a eu sa place au Conservatoire Artistique de Polynésie française, en 1981. »

Ce qui te plait le plus aujourd’hui dans la danse ?
« Travailler avec les enfants. Ils m’ont appris tellement. Leur imagination n’a aucune limite. Je vais chercher dans leur imagination et leur impertinence les chorégraphies de nos spectacles. La danse m’a permis de connaître les gens. Selon l’expression corporelle, on arrive à savoir d’une personne si elle est timide, possessive, joyeuse, etc. La danse est comme un muet qui te dit tout. »

Mamie, vas-tu bientôt prendre ta retraite ?
« Oh non ! Les enfants ont besoin de moi et j’ai trop besoin d’eux. Je ne peux pas partir. La danse est comme une « excuse » qui me permet de faire passer des messages plus forts auprès de cette jeunesse un peu désorientée. La danse est un peu comme ma prière, je crois en elle et en ceux qui la pratiquent. »